Comptabilité générale

L'écart d'acquisition, appelé goodwill en anglais, est la différence entre le prix total payé pour acquérir une société et la juste valeur nette de ses actifs identifiables (actifs moins passifs). Il représente les éléments immatériels de valeur non comptabilisés dans le bilan de la cible : marque, portefeuille clients, brevets non reconnus, synergies attendues, position concurrentielle.

Pourquoi le goodwill existe-t-il ?

Un bilan traditionnel ne reflète que les actifs ayant un coût historique identifiable. La valeur d'une marque forte, d'une base clients fidèle ou d'une équipe de direction expérimentée n'apparaît pas dans les comptes. Lorsqu'un acheteur paie plus que la valeur comptable nette, il acquiert ces éléments immatériels — et ce surplus constitue le goodwill.

Exemple : une entreprise achète une PME 2 000 000 €. La valeur nette comptable des actifs identifiables (réévalués à la juste valeur) est de 1 400 000 €. L'écart d'acquisition est de 600 000 €.

Calcul

Goodwill = Prix d'acquisition − Juste valeur nette des actifs identifiables acquis

La juste valeur nette s'obtient en réévaluant chaque actif et passif à sa valeur de marché à la date d'acquisition. Des actifs immatériels peuvent être identifiés et reconnus séparément du goodwill (marque, portefeuille clients, technologie) si leurs critères de comptabilisation sont remplis.

Traitement PCG vs IFRS

PCG (comptes individuels / consolidés FR)IFRS (IFRS 3 / IAS 36)
InscriptionActif du bilan consolidé (compte 207)Actif du bilan consolidé
Traitement post-acquisitionAmortissement sur durée d'utilité (max 10 ans si indéterminée)Pas d'amortissement — test de dépréciation annuel (impairment test)
Perte de valeurAmortissement + dépréciation complémentaire si nécessaireDépréciation uniquement, irréversible

En IFRS, l'absence d'amortissement du goodwill peut conduire à maintenir des écarts d'acquisition élevés au bilan tant que l'entreprise acquise performe bien. En revanche, un retournement de situation oblige à comptabiliser une dépréciation parfois massive, affectant brutalement le résultat (ex : dépréciations de goodwill chez France Télécom ou Vivendi dans les années 2000).

Test de dépréciation (impairment test)

En IFRS, chaque goodwill est affecté à une Unité Génératrice de Trésorerie (UGT) et testé annuellement. Si la valeur recouvrable de l'UGT (valeur d'utilité ou juste valeur moins coûts de cession) est inférieure à sa valeur comptable incluant le goodwill, une dépréciation est comptabilisée. Elle est définitive et non réversible.

Écart d'acquisition (goodwill) — Calcul et traitement Goodwill = Prix d'acquisition − Juste valeur nette des actifs identifiables acquis Exemple de calcul Prix acquisition : 2 000 000 € Juste valeur nette : 1 400 000 € Goodwill = 600 000 € Actif bilan consolidé Traitement PCG Compte 207 — actif bilan consolidé Amorti sur durée d'utilité (max 10 ans) Dépréciation complémentaire si nécessaire Charge annuelle prévisible — Impact lissé Traitement IFRS (IFRS 3) Pas d'amortissement Impairment test annuel (IAS 36) Dépréciation irréversible si valeur UGT < VNC Risque de dépréciations massives soudaines

Goodwill négatif (badwill)

Lorsque le prix payé est inférieur à la juste valeur nette des actifs identifiables, l'écart d'acquisition est négatif : c'est le badwill. En IFRS, il est comptabilisé immédiatement en produit dans le compte de résultat. En PCG, il est inscrit au passif et repris selon les pertes futures attendues.